Nous entendons les critiques : notre programme est trop modeste, pas assez ambitieux. Pas assez dispendieux, dirais-je ! Mais qui s’est réellement penché sur l’état des finances de la ville avant de se lancer dans des promesses parfois risibles ? La campagne municipale l’occasion de tout dénoncer et donc de dénoncer vivement ce qui marque les esprits : la politique fiscale et l’endettement de la ville avec pour tout argument la comparaison avec les autres villes. Comparaison n’est pas raison !


La politique fiscale menée par la municipalité est de conserver en l’état les taux des trois taxes locale (TF, TFNB, TH). Le produit de la fiscalité qui représente 30% des recettes de fonctionnement de la ville ne varie que par l’augmentation du nombre de logements et par leur indexation sur l’inflation. C’est une politique évidemment peu active qui a maintenu le taux de la taxe d’habitation à un niveau très élevé (20,79%). Ainsi, depuis des années, la municipalité a laissé peser sur toutes les familles la part la plus lourde de la fiscalité.


Nous sommes tout à fait conscients des préoccupations des tourangeaux sur la fiscalité mais le problème se situe à un autre niveau : le véritable enjeu est de mettre à jour les déséquilibres dont souffre la ville. Aujourd’hui, malgré les discours triomphants sur de désendettement de la ville, Tours demeure dans une situation délicate avec un taux d’endettement trop élevé et donc avec des remboursements d’emprunt trop importants A titre d’exemple, il faudrait qu’elle consacre 18 mois de recettes de fonctionnement pour rembourser toute sa dette alors que les communes de même taille ne mettraient que 9 mois.

La dette n’est pas le seul problème des finances tourangelles, elle n’est que la résultante d’un processus dont la ville ne sait pas se dégager : la municipalité est incapable d’épargner suffisamment. Une fois qu’elle a payé les dépenses courantes (la paye des agents, le remboursement de l’annuité  de la dette et le versement des participations obligatoires (SDIS, CCAS, sitcat…) et subventions ( clubs sportifs, Grand Théatre, Vinci…), elle a alors consommé 99,88% de ses recettes réelles de fonctionnement. Il ne lui reste plus de ressources à ajouter aux dotations et aux subventions pour financer les équipements.

Le problème réside donc dans l’aptitude de la ville à équilibrer son fonctionnement pour moins dépendre des banquiers.


Il n’y a pas une solution miracle pour rétablir l’équilibre financier de la ville mais les pistes ne manquent pas : l’évaluation des procédures de gestions, la renégociation de la dette. Il faut revoir certains emprunts, notamment ceux souscrits en 1991 et 1992 assortis de taux prohibitifs allant de 9,40% à 9,70%.